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JIM KELLY, KARATEKA ET TENNISMAN


Contrôlé par deux policiers racistes qui veulent l’empêcher de prendre son avion pour Hong Kong, Williams se fait confisquer son passeport. Ni une, ni deux, il assomme les deux hommes et se rend à l’aéroport de Los Angeles dans leur voiture de fonction. C’est ainsi que les spectateurs de 1973 ont découvert une nouvelle star du cinéma d’action. Karatéka groovy, tennisman funky, acteur d’une élégance rare, au cours de sa brève carrière cinématographique, Jim Kelly fut l’une des icônes majeures de la Blaxploitation des années 1970. Le grand public se souvient de lui pour son rôle au côté de Bruce Lee dans Opération dragon, l’un des plus grands succès de l’histoire du cinéma. Mais les films d’action qu’il tourna pas la suite méritent largement d’être redécouvert par les amateurs du genre.


Aujourd’hui oublié du grand public, Jim Kelly fut dans les années 1970, au même titre que Richard Roundtree, Jim Brown et Fred Williamson, l’un des grand héros de la communauté africaine-américaine. Né à Paris (Kentucky) le 5 mai 1946, James M. Kelly se distingue comme halfback dans l’équipe de football du lycée de Bourbon County (Kentucky). Il s’illustre ensuite à l’Université de Louisville en athlétisme et en baseball, où il joue durant deux étés comme centerfield dans une équipe semi-pro. Et lorsque Jim démarre la boxe, Archie Moore, ancien champion du monde des poids lourds, lui conseille de passer professionnel. C’est également à Louisville que Jim débute la pratique du Shorin-ryu Karaté. Ses professeurs sont Parker Sheldon et Gordon Doversola qui lui décerne sa ceinture noire. En 1971 à Burbank, il remporte le titre des poids moyens de l’American Taekwondo Championships. Jim Kelly s’illustre ensuite dans quatre autres grands tournois avant de remporter en 1972 le titre des poids moyens aux internationaux de Long Beach. C’est au cours de cette compétition qu’il est repéré par Bob Wall, un ancien élève de Gordon Doversola, chargé par Fred Weintraub de recruter un combattant africain-américain pour jouer au côté de Bruce Lee. En fait, Jim Kelly fut recruté à la dernière minute, en remplacement de Rockne Tarkington dont les exigences financières ne cadraient pas avec le budget du film. Tarkington et Kelly viennent de se croiser en 1972 au générique de l’excellent thriller Melinda. Tarkington y incarnait un truand et Kelly le prof de Karaté du héros interprété par Calvin Lockhart.

Opération Dragon

1972, les films de Hong Kong font un tabac dans les ghettos. Les producteurs flairent le filon. Parmi eux, Paul Heller et Fred Weintraub mandatés par la Warner viennent de s’associer avec Raymond Chow pour mettre en chantier « le premier film d’arts martiaux produit par une compagnie américaine », ainsi que devait l’annoncer la publicité. Ce sera bien sûr Opération Dragon réalisé par Robert Clouse.

Les producteurs Heller et Weintraub avaient fait la connaissance de Bruce Lee par l’intermédiaire de Sterling Silliphant, à l’époque du développement de La Flute silencieuse. Puis ils avaient été impliqués dans le labyrinthe de la préparation du film The Way of the Tiger, The Sign of the Dragon, qui allait devenir le pilote de la série The Warrior, ultérieurement rebaptisée Kung Fu. Lorsque Big boss et La Fureur de vaincre cassent la baraque à Hong Kong, le grand patron de la Warner, Ted Ashley, qui était resté en contact personnel avec Bruce depuis son départ d’Hollywood en juillet 1971, donne son feu vert pour le tournage du film Blood and Steel. Novembre 1972. Bruce est en plein tournage du Jeu de la mort lorsqu’il apprend la nouvelle. Le premier rôle dans une production d’Hollywood. Le rêve devenait réalité. Bruce arrête le tournage du Jeu de la mort. Il prévoit de reprendre le travail en septembre 1973, une fois achevé le travail promotionnel autour de Blood and Steel. Le tournage débute en janvier 1973. Heller et Weintraub sont à la production, Robert Clouse à la réalisation. Alors, la grande question : qui est le véritable réalisateur d’Opération Dragon ? Bruce Lee ou Robert Clouse ? Les deux, mon capitaine. L’énergie, le sens de l’espace, la justesse des cadrages, la précision du montage dans les scènes d’action, tout cela porte incontestablement la patte du Petit Dragon, qui avait fait d’énorme progrès question mise en scène entre La Fureur du dragon et Le Jeu de la mort. Mais le bateau est bien piloté par Robert Clouse. D’abord, Clouse n’est pas le gros mauvais que l’on croit. New York ne répond plus témoigne de son talent personnel. La Ceinture noire et Le Chinois sont des films honorables. Et sur le plateau de Blood and Steel, bientôt retitré Opération Dragon, l’enthousiasme de Bruce Lee est communicatif.

Un engrenage de combats monstrueux

Michael Allin a eu l’idée d’un tournoi mortel dans une île forteresse interdite aux armes à feu. Une façon comme une autre de justifier un maximum de combats à mains nues. Bruce incarne Lee, un moine Shaolin. Réminiscence évidente du rôle qu’il devait tenir dans The Warrior. L’intrigue est un mélange de Fu Manchu et de Docteur No. À partir de son île, monsieur Han (Shih Kien) alimente en opium et en prostituées son empire du crime. Braithwaite, un fonctionnaire de l’administration britannique, charge Lee de participer au tournoi que Han organise tous les deux ans pour repérer les nouveaux talents susceptibles d’intégrer son organisation. La mission de Lee doit se limiter à ramener des preuves pouvant justifier une intervention militaire. Au cours de sa mission, Lee croise la route de deux sympathiques champions américains, Ropers (John Saxon) et Williams (Jim Kelly). Naturellement, les choses ne vont pas tourner comme prévu, et les recherches de Lee vont déclencher un engrenage d’exécutions et de combats plus monstrueux les uns que les autres.

Le résultat visuel est prodigieux. Le film a l’air d’une superproduction luxueuse, alors qu’il était franchement fauché par rapport aux standards hollywoodiens de l’époque. La première a lieu le 29 août 1973, au Grauman Chinese Theater, sur Hollywood Boulevard. Une vraie première hollywoodienne, un triomphe populaire. Mais Bruce Lee, décédé d’un œdème cérébral à Hong Kong le 20 juillet n’est plus là pour y assister. Le Petit Dragon ayant déjà été la vedette de Big boss et de La Fureur de vaincre, Jim Kelly est la véritable révélation du film. Heller et Weintraub avaient demandé à leur scénariste Michael Allin d’écrire un rôle de premier plan pour un karatéka afro-américain. Ce personnage, Williams, est confié à Jim Kelly, qui depuis quelque temps, délaisse les dojos pour les cours d’arts dramatiques. Il va se montrer sous son meilleur jour : souple souriant, décontracté. Lorsque Jim apparaît à l’écran au cours du générique, coiffure afro et denim rouge, arpentant les rues de Hong Kong de sa démarche féline, le public est d’emblée avec lui. Sur le plateau, ses rapports avec Bruce Lee, responsable de la chorégraphie et de la mise en scène des séquences de combat, ont été excellents. Jim raconte : " Quand j’ai commencé à travailler avec Bruce, il m’a enseigné quelques techniques (...). Un jour, il me dit ; « Jim, fais-moi un revers. » Je lui en fais un ou deux, et il remarque : « Tu as un revers plutôt rapide. Laisse-moi te montrer le mien. » Je me mets en position, il fait son revers, je le contre. Il dit alors : « Tu as bloqué mon revers ! Personne n’a jamais bloqué mon revers ! » Il disait ça en riant, vous savez il n’était pas sérieux. " Les deux hommes partagent la même admiration pour Mohamed Ali et sa boxe virevoltante héritée des danses martiales africaines. Bruce, reconnaissant la valeur de combattant de Jim, lui laisse une entière liberté d’action, et le résultat est visuellement convaincant. La personnalité de Jim éclate dans chacun de ses revers, dans chacun de ses coups de pieds. Malheureusement son personnage est éliminé au milieu de l’histoire, et l’on doit subir l’improbable combat de John Saxon contre Yang Sze, le futur Bolo Yeung de Bloodsport et Double Impact.

Black Belt Jones

Pour Jim Kelly, le démarrage est foudroyant. Weintraub lui propose un contrat de trois films pour la Warner. Ce sera tout d’abord La Ceinture noire, une comédie policière où il retrouve Robert Clouse, son réalisateur d’Opération Dragon. Des truands cherchent à s’approprier une école de Karaté furieusement groovy où l’on apprend les arts martiaux au son de la Soul music. La fille du prof, Gloria Hendry, perchée sur des talons de dix centimètres, en compagnie de son boyfriend, le champion local Black Belt Jones (Jim), va se retourner contre l’organisation et la détruire. Proche des aventures de Terence Hill et Bud Spencer, certaines séquences sont particulièrement réjouissantes, dans un style cartoonesque à souhait : Les truands giclant par les vitres d’un wagon, Gloria réglant à coups de flingue le problème de l’accumulation de vaisselle sale. La même, au cours d’une poursuite en voiture, jettant sa petite culotte sur le pare brise des méchants. Au cours d’un final bien délirant, au milieu d’une montagne de mousse de détergent, le héros félin élimine ses adversaires par une série de coups de pied acrobatiques particulièrement spectaculaire, inspirée de la Capœira . Si La Ceinture noire fut loin d’égaler les scores d’Opération Dragon, le film connut néanmoins une excellente carrière internationale.

Les Démolisseurs

Ce ne sera pas le cas de la production suivante du trio Kelly-Clouse-Weintraub, L’Aventurière de Hong Kong, une histoire de trafic de drogue entre Hong Kong et les USA. Le scénario est confus, la mise en scène mollassone, et le rôle de Jim franchement accessoire. Combinaison gagnante en revanche avec le film suivant, Les Démolisseurs / Les Trois fauves de Harlem, signé par le réalisateur du premier Shaft, Gordon Parks Jr. Kelly est entouré par Jim Brown et Fred Williamson. Les trois héros poursuivent un groupuscule raciste qui projette d’empoisonner les réserves d’eau potable de New-York, Chicago et Los Angeles. La toxine qui va être déversée sera inoffensive pour les blancs mais mortelle pour les noirs. Sur une excellente bande son d’époque signée par Richard Tufo et les Impression, Brown et Williamson se chargent des fusillades et des explosions, tandis que Kelly régale les spectateurs en faisant de nouveau usage de son karaté contre des flics racistes.

Jim et Ali

La rumeur circula longtemps d’un combat entre Mohamed Ali et Jim Kelly. En 1992, à l’occasion d’une interview donnée au magazine Black Belt, Jim s’expliqua sur cette rumeur. "Mohamed est mon homme. Il a toujours été mon héros. À un moment donné, il y eu des pourparlers afin qu’Ali et moi montions sur le ring. Ali était intéressé. j’aurai fait mes arts martiaux et il aurait boxé. Mais cela ne s’est jamais concrétisé. Ali est monté sur le ring avec Inoke, et on a tous vu comment cela s’est passé."

Patate chaude

En 1976, la suite officielle de La Ceinture noire, intitulée Hot Potato, est la troisième et dernière production du contrat Weintraub. Jones (Kelly) est envoyé en Thaïlande à la recherche de la fille d’un sénateur kidnappée par un apprenti dictateur. L’échec artistique et commercial du film sonne le glas de la position de Jim Kelly en tant que tête d’affiche sur des productions distribuées par des majors. L’année précédente Jim a portant obtenu un rôle secondaire intéressant, celui de Kashtok, un métis muet amoureux de Catherine Spaak, dans un l’excellent western d’Anthony Margheriti La Chevauchée terrible. En 1978, on retrouve Jim Kelly à Hong Kong pour démanteler la Hong Kong Connection. Il combat Bolo Yeung à coups de chaîne d’amarrage, revanche sur le duel manqué dans Opération Dragon. Agent du Narcotic bureau, Jim affronte puis s’associe avec Tan Taoliang, membre renégat d’une triade dirigée par Chen Hsing. Grace à la présence de ces quatre combattants de valeur, les scènes d’action sont d’un excellent niveau. La mise en scène relève du niveau moyen des polars made in Hong Kong de l’époque. Dans Black Samouraï, son ultime succès personnel, on voit Jim pratiquer le sport avec lequel il va désormais gagner sa vie en tant qu’entraîneur : le tennis. En 1975, Jim Kelly se classe numéro 2 de Californie en double messieurs, ainsi que dans le Top Ten national en simple.

Black Samouraï

A la source du film d’Al Adamson, une excellente série de 8 romans écrits par Marc Olden, publiés entre 1974 et 1975 par Signet books. Le film adapte The Warlock, le sixième roman de la série. Pendant trois décennies, l’écrivain afro-américain Marc Olden disparu en 2003, s’est aussi bien illustré dans l’écriture biographique (Angela Davis, Edgar Poe), le roman populaire (Narc, Black Samurai, The Harker Files) que dans le thriller haut de gamme (Gaijin, The Ghost). En 1986, le grand écrivain Tom Clancy (A la poursuite d’octobre rouge) salua la parution de Gaijin en ces termes : " Tous les ingrédients du thriller sont présents ... des personnages fascinants, une intrigue élaborée et un rythme sans faille". Robert Sand, le héros de la série Black Samouraï est un vétéran du Vietnam déboussolé ayant trouvé refuge au Japon chez le vénérable Senseï Konuma. Lorsque son clan est exterminé par un groupe paramilitaire américain, Sand sort de sa retraite pour remonter la filière qui le conduira au commanditaire. Au cours de sa quête vengeresse, Sand est aidé par un ancien président des USA qui met son carnet d’adresse et sa fortune personnelle au service de la justice. Le roman The Warlock (le sorcier) raconte la lutte de Robert Sand contre Janicot, un gourou sadique recourant au chantage, à la corruption sexuelle mais aussi à la sorcellerie pour contrôler les hommes politiques. Le nouvel objectif de Janicot et de ses commanditaires : saboter la conférence de Paris qui doit mettre fin à la guerre du Vietnam. Depuis son luxueux château de la région parisienne, Janicot organise l’enlèvement d’un des négociateurs vietnamien et de son épouse. Cette dernière n’est autre que Toki Konuma, fille du Senseï assassiné et grand amour perdu de Robert Sand. Assisté de Pines, le garde du corps de l’ex-président le Black Samouraï débarque à Paris pour entamer une mortelle partie d’échec avec Janicot. Le sorcier est protégé par une armée de tueurs nains particilièrement effrayants, par Synne une superbe prêtresse Vaudou, par Bones un invincible boxeur afro-américain et par Chavez, un mercenaire sud-américain dont le frère a été tué par Sand. Le roman de Marc Olden, particulièrement captivant, aurait parfaitement convenu au Samuel Fuller de La Maison de bambou, voire au Sam Peckinpah de Tueur d’Elite. En lieu et place, il faut se contenter du redoutable Al Adamson derrière la caméra. Adamson (1929-1995) fut le Ed Wood des années 70. Petit maître du film d’exploitation, il réalisa essentiellement des films fantastiques, mais donna également dans le film de bikers, la comédie sexy ainsi que dans le thriller bizarre comme ce Black Samouraï. Il faut croire que Kelly apprécia sa collaboration avec Adamson puisqu’il retravailla avec lui en 1978 dans Death Dimension. En dehors des noms des personnages principaux, il ne reste plus grand chose du roman de Marc Olden une fois passé à la moulinette Adamson. Janicot (Bill Roy) personnage effrayant dans le roman devient un pantin ridicule. Le tournage en France n’étant pas dans les possibilités budgétaires d’Adamson, la demeure kitschissime du sorcier est transplantée en Floride. Le mari diplomate n’existe plus, Toki est devenu la fille d’un ambassadeur. On nage en plein délire façon sixties, à l’époque où le cinéma européen produisait à la chaîne des imitations des films de James Bond. Pour les besoins de son enquête, notre Black Samouraï, utilise d’ailleurs le même propulseur dorsal que Sean Connery dans le pré-générique d’Opération Tonnerre. Chaque apparition des nains tueurs, censés provoquer la terreur, déclenche en fait l’hilarité des spectateurs. Le combat de Sand contre le vautour (qui n’existe évidemment pas dans le roman) est un grand moment de cinéma bis, en tout point digne du combat de Bela Lugosi contre la pieuvre dans Bride of the monster. À la différence près que la pieuvre était en plastique alors que le vautour est véritable. Jim est d’ailleurs doublé dans cette séquence, les mains qui accrochent les serres du vautour sont celles d’un blanc, très probablement celles du dresseur de la bestiole. Jim Kelly tient son rôle avec le plus grand sérieux, se permettant tout de même de préciser à la superbe Marilyn Joi qu’il n’est pas son chevalier blanc. Dans le rôle de Synne, Marilyn met le feu à l’écran. La Cléopâtra Schwarz qui nettoie le ghetto pendant que son rabbin de mari allume les chandelles du sabbat, c’est elle ! Outre cette mémorable apparition topless dans le Hamburger Film Sandwich de John Landis, Marilyn Joi a également été vue dans deux épisodes de Starsky et Hutch, ainsi que dans plusieurs films d’Adamson. L’alchimie entre Jim et Marilyn fonctionne à merveille et l’on regrette qu’Adamson ne leur ait pas ménagé une scène plus chaude. Toujours est-il que ce Black Samouraï constitue un grand moment de la Blaxploitation, et que l’on prend un immense plaisir à suivre ces aventures psychédéliques rythmées par un excellent thème musical du compositeur britannique Alan Hawkshaw.

Baroud d’honneur

Jim Kelly fut-il victime de son manque d’exigence vis-à-vis des réalisateurs et des producteurs, ou plutôt d’un contexte défavorable aux acteurs africains-américains ? La réponse est évidente. Jim débuta à une époque où l’on n’écrivait plus de grands rôles de rebelles charismatiques tels que ceux interprétés par Sydney Poitier : Leader anti-colonialiste dans Le Carnaval des dieux (Something of Value, 1957, Richard Brooks) ou militant du Black Panther dans L’Homme perdu (The Lost Man, 1969, Robert Alan Arthur). Et l’Amérique blanche n’était pas encore prête pour la reconnaissance des héros noirs qui marqua la deuxième moitié des années 1980, avec Carl Weathers, Billy Dee Williams, Gregory Hines, Danny Glover, Mario Van Peebles, et bien sûr Eddy Murphy. Les années 1990 ont révélés dans le registre aventure-action des pointures telles que Samuel Jackson, Wesley Snipes et Will Smith. Jim Kelly fit un dernier baroud d’honneur en 1982 dans un film dirigé par son complice Fred Williamson, Les Quatre justiciers. Williamson, qui était également producteur du film, sentant qu’une époque se terminait, reforma le trio des Démolisseurs auquel il ajouta un quatrième larron en la présence de Richard Roundtree, l’ex-interprète de Shaft. Les cheveux grisonnants, Jim Kelly y incarne l’entraîneur d’une équipe de full-contact californienne aux prises avec des truands new-yorkais. C’est sur ce petit film sympathique, mais pas vraiment enthousiasmant qu’il termina sa carrière cinématographique. Michael Landon fera appel à lui en 1985 comme guest-star dans deux épisodes de sa série TV Les Routes du paradis. La carrière de Jim Kelly, selon la formule consacrée, n’a pas été à la hauteur de son talent. Il fut le premier acteur non asiatique à se battre devant une caméra avec une aisance aussi remarquable, exception faite de son presque homonyme Gene Kelly dans Les Trois mousquetaires (1949), et bien sûr de Douglas Fairbanks. Même d’authentiques champions tels que Chuck Norris, Bill Wallace et Joe Lewis n’ont pu rendre une telle sensation de souplesse et d’élégance. Seul Jean-Claude Van Damme, à la fin des années 1980 est parvenu à l’approcher sans néanmoins égaler la cool attitude de Kelly. Pour se consoler, on peut toujours se repasser en DVD Opération Dragon, La Ceinture noire, Les Démolisseurs, La Chevauchée terrible et Black Samouraï. Et se remémorer cette phrase du grand Jim : "Les gens peuvent vous prendre votre argent, votre voiture ou votre petite amie. Ils peuvent vous faire un tas de chose. Mais ne laissez jamais personne prendre votre esprit. Si cela arrive tout partira avec."

Christophe Champclaux

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JIM KELLY - PRINCIPAUX FILMS

- 1972 Melinda réal. Hugh A. Robertson.
- 1973 Opération Dragon (Enter the Dragon) réal. Robert Clouse.
- 1974 La Ceinture noire (Black Belt jones) réal. Robert Clouse.
- 1974 Les Démolisseurs (Three the Hard Way) réal. Gordon Parks Jr.
- 1975 L’Aventurière de Hong Kong (Golden Needles) réal. Robert Clouse.
- 1975 La Chevauchée terrible (Take a Hard Ride) réal. Anthony Dawson.
- 1976 Hot Potato réal. Oscar Williams.
- 1977 Black Samouraï (Black Samurai) réal. Al Adamson.
- 1978 Hong Kong Connection (The Tatoo Connection) réal. Lee Tso Nam.
- 1978 Death Dimension réal. Al Adamson.
- 1982 Les Quatre justiciers (One Down, Two To Go) réal. Fred Williamson.

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Source : Tigres et Dragons, les arts martiaux au cinéma, du ring à la rue - Christophe Champclaux, Guy Trédaniel éditeur (2001)


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