Dans un village Beti de la tribu Bantoue se trouvait un grand et puissant chef. Son nom Wa’a, signifiait « Gorille ». Wa’a avait en sa possession une défense d’éléphant qui lui conférait une puissance magique. Cette défense magique lui permettait de commander au soleil et à la pluie. Elle pouvait même faire gronder le tonnerre lorsque cela était nécessaire.
Un jour Wa’a tomba malade. Son état empira à tel point qu’il se sentit proche de sa fin. Il fit venir ses trois fils à son chevet. Son but était de déléguer son pouvoir au plus courageux de ses enfants.
Mes fils, ouvrez grand vos oreilles. Le moment est venu pour moi de désigner mon successeur. Vous allez, chacun à votre tour, me raconter quel fut l’événement de votre vie qui vous a demandé le plus grand courage.
Le premier fils pris la parole.
Père Wa’a, te souviens-tu de ces jours où notre royaume fut la proie des envahisseurs. Je les ai combattu avec mes mains pour seuls armes et je les fis reculer !
Le deuxième fils pris à son tour la parole.
Père Wa’a, te souviens-tu de ce jour où les lions affamés attaquèrent notre village ? Avec mes mains et mes pieds, je livrais un combat à mort contre ces lions féroces.
Ce fut enfin au tour du troisième fils de prendre la parole.
Je me souviens de tout cela, Père Wa’a, de ce temps où notre royaume fut la proie des envahisseurs, et de ce jour où les lions affamés attaquèrent notre village. Je savais que ma seule force ne pouvait suffire à protéger notre peuple. J’ai rassemblé nos braves et nombreux guerriers, et en combattant ensemble nous parvîmes à repousser le danger loin de notre peuple.
Le vieux père Wa’a avait écouté les récits de ses trois fils avec la plus grande attention. Il donna à ses enfants la conclusion de sa très sage réflexion.
Le plus courageux de vous trois est celui qui sera le plus digne de me succéder. C’est toi mon troisième fils que je désigne pour cette tâche. C’est à toi que je confie la défense de l’éléphant qui te permettra de bien guider notre peuple, dès que la mort m’aura emmené de l’autre côté à la rencontre de nos ancêtres. Ta sincérité est la preuve du plus grand courage.
Les deux frères embrassèrent leur cadet en signe de respect envers celui qui venait d’être désigné comme leur nouveau chef. Ils venaient d’apprendre qu’en ce monde, dire la vérité dans certaines circonstances peut-être l’acte le plus courageux qu’un homme puisse accomplir.
Louise ATANGANA

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