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PETIT ELOGE DE LA COIFFURE AFRICAINE


Toutes les femmes aiment à changer régulièrement de coiffure. Tout comme le vêtement, la coiffure nous permet de façonner notre visage, notre corps, notre silhouette au gré de notre féminité. Cheveux afro, cheveux tressés, cheveux lisses... Pendant des années, j’ai alterné ces différentes coiffures sans me poser de question. Et puis un jour, j’ai voulu savoir pourquoi certaines femmes africaines de l’âge de ma grand-mère avaient perdu tout leurs cheveux. La réponse est simple : l’obsession d’avoir une coiffure lisse, l’abus des produits chimiques défrisant avait fini par détruire un atout essentiel de leur beauté de femme.


Les héroïnes

Le plaisir de la coiffure pour les cheveux crépus peut se transformer en véritable épreuve. Pourtant le cheveu lisse, le défrisage n’est pas une obligation. Les femmes africaines ne manquent pas de modèles historiques auxquels elles peuvent s’identifier.

Depuis les reines de l’Egypte antique jusqu’aux héroïnes de la lutte contre l’esclavage et la colonisation, l’Afrique et les communautés de la diaspora n’ont pas manqué de figures de référence qui ont marqué l’histoire, qui ont défendu la dignité de leur peuple. Aux Etats-Unis le mouvement de lutte pour les droits civiques a été lancé par une femme. En décembre 1955, une modeste couturière de l’Alabama nommée Rosa Parks fut arrêtée par la police pour avoir enfreint une loi raciste. Son procès spectaculaire marqua le début d’un combat pour l’égalité qui culmina dans les années 1960.

La décennie suivante sera marquée par la reconnaissance culturelle des africains américains. Jusque-là enfermés dans les seuls domaines sportifs et musicaux, les noirs américains font irruption sur la scène cinématographique. Pour les héros de films d’action incarnés par Richard Roundtree et Jim Kelly, il n’était pas question d’arborer autre chose que leurs boucles afros. Leurs équivalents féminins, Pam Grier, Gloria Hendry et Tamara Dobson arboraient la même boule afro que la militante des Black Panthers Angela Davis.

Les femmes du village

A chaque fois que je retourne en Afrique, j’évoque avec ma mère les souvenirs des vacances de mon enfance dans le village de mes grands-parents. Mon grand-père me racontait la vie de nos ancêtres. Ils vivaient dans des cases et cultivaient la terre comme nous le faisions encore en ce temps. Au chant du coq, nous partions la houe sur l’épaule pour travailler aux champs le maïs, le mil, les tubercules et la canne à sucre. Le samedi, les femmes du village se réunissaient pour refaire leurs tresses. Les mères, les filles, les sœurs, les épouses profitaient de ce moment privilégié pour renforcer leur solidarité.

Louise Atangana


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